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Zabougornov
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: 06.03.2005
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: , 2 2007, 14:36:05     : ...

http://www.lemonde.fr/web/articleinteractif/0,41-0@2-3222,49-928451@51-927353,0.html
La CIA dévoile ses "bijoux de famille"
LEMONDE.FR avec AFP et AP | 27.06.07 | 12h22

Le document, baptisé family jewels (bijoux de famille) par la CIA, était attendu par les historiens. Il a été rendu public, mardi 26 juin, et recense les activités illégales de l'agence de renseignement américaine. Pendant les heures chaudes de la guerre froide, la CIA n'a pas hésité à recourir à toutes sortes de "coups tordus" pour lutter contre ceux qui étaient perçus comme les ennemis des Etats-Unis, qu'il s'agisse de régimes adverses ou d'opposants politiques.

Le dossier avait été commandé en mai 1973 par le directeur de la CIA de l'époque, James Schlesinger, après qu'il avait découvert l'implication de l'agence de renseignement dans le scandale du Watergate. Jusqu'à présent, seules quelques dizaines de pages, fortement censurées, avaient été déclassifiées. Au cours des années 1970, la presse et des enquêtes parlementaires en ont dévoilé les principaux traits et le scandale avait entaché la réputation des services de renseignement américains, entraîné une réforme de la CIA et du FBI et un contrôle accru de leurs activités par le Congrès.

Le dossier publié mardi contient encore quelques éléments censurés, pour des raisons de sécurité, a précisé un porte-parole de la CIA, George Little. "Le document fournit un aperçu d'une période très différente et d'une agence très différente", a estimé, la semaine dernière, le directeur de la CIA, Michael Hayden, quand il a annoncé la déclassification du dossier.
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Zabougornov
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: 06.03.2005
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: , 2 2007, 14:38:33     :

http://www.lemonde.fr/web/articleinteractif/0,41-0@2-3222,49-928451@45-3877@51-927353,0.html
La CIA dévoile ses "bijoux de famille"
LEMONDE.FR avec AFP | 27.06.07 | 12h22

Au début des années 1960, la CIA a tenté d'assassiner le président cubain, Fidel Castro, avec des cachets empoisonnés grâce à l'aide d'un membre de la mafia. L'agence avait pris contact, en 1960, avec Johnny Roselli, un membre de la mafia à Las Vegas, qui avait des relations indirectes avec des Cubains. 150 000 dollars furent proposés mais Roselli refusa l'argent. Six cachets contenant un poison mortel furent livrés à un responsable cubain Juan Orta, qui avait accès à Castro. "Après plusieurs semaines de tentatives, Orta apparemment a eu peur et a demandé à se retirer" du projet, peut-on lire dans le dossier.

Un autre Cubain fut recruté, le Dr Anthony Verona, un des principaux chefs de la "commission des exilés cubains". Contre 10 000 dollars, il se déclara prêt à organiser l'assassinat. Mais le projet fut annulé après l'épisode de la Baie des Cochons, une tentative ratée d'invasion de Cuba en 1961 par des exilés cubains soutenus par les Etats-Unis. "Verona fut prévenu que l'offre était retirée et les cachets furent récupérés", souligne le dossier.
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Zabougornov
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: 06.03.2005
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: , 2 2007, 14:41:40     :

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=50274
[VINGT-QUATRIÈMES] RÉFLEXIONS DE FIDEL CASTRO : LA MACHINE À TUER

[VINGT-QUATRIÈMES] RÉFLEXIONS DE FIDEL CASTRO

LA MACHINE À TUER

Cest une bonne journée que le dimanche pour lire ce qui ressemble à de la science-fiction.

La CIA avait annoncé quelle déclasserait des centaines de pages relatives à des actions illégales, dont des plans visant à éliminer des dirigeants étrangers. Soudain, la publication sinterrompt et est ajournée au lendemain. Sans la moindre explication cohérente. Quelquun à la Maison-Blanche y aurait-il jeté un coup dœil ?

Le premier ensemble de documents déclassés est connu comme les bijoux de famille : sept cent deux pages sur les actions illégales menées par la CIA de 1959 à 1973, dont une centaine de pages a toutefois été supprimée. Il sagit dactions non autorisées par la loi, de complots visant à lassassinat dautres dirigeants, dexpérimentations de drogues sur des êtres humains pour en contrôler le cerveau, despionnage de militants civils et de journalistes, entre autres activités de ce genre catégoriquement prohibées.

La collecte de ces documents a démarré quatorze ans après les premiers faits, quand James Schlesinger, alors directeur de la CIA, sétait alarmé de ce que disait la presse, surtout des articles publiés par Bob Woodward et Carl Bernstein dans The Washington Post, dont jai déjà parlé dans mon Manifeste au peuple cubain . La CIA y était accusée davoir organisé lespionnage de lédifice Watergate par lintermédiaire de ses anciens agents Howard Hunt et James McCord.

En mai 1973, le directeur de la CIA avait exigé : Tous les principaux officiers opérationnels de la Company doivent minformer sur-le-champ au sujet de toute activité en cours ou survenue par le passé qui sortirait des limites de sa charte constitutive. Schlesinger, nommé ensuite à la tête du Pentagone, avait été remplacé par William Colby, qui évoquait les documents en question comme des squelettes cachés dans un placard . De nouvelles révélations de la presse obligèrent Colby à admettre lexistence de ces rapports devant le président p.i. Gerald Ford en 1975. The New York Times dénonçait que la CIA sétait infiltrée dans des groupes antibellicistes. Or, la loi portant création de la CIA lui interdit de faire de lespionnage aux Etats-Unis.

Ce nétait là que la pointe de liceberg , comme sétait exclamé alors Henry Kissinger, le secrétaire dEtat de lépoque.

Celui-ci avait averti que le sang coulerait si lon divulguait dautres actions de ce genre, et avait ajouté aussitôt : Robert Kenney a contrôlé personnellement, par exemple, une opération pour assassiner Fidel Castro. Le frère du président était alors Attorney General des Etats-Unis. Il fut assassiné ensuite quand il aspirait à la présidence aux élections de 1968, labsence dun aussi fort candidat ayant facilité la victoire de Nixon. Le plus dramatique de ce cas, cest quil avait abouti à la conclusion que John F. Kennedy avait été victime dune conspiration. Après avoir analysé les impacts, le calibre des balles et dautres circonstances ayant entouré la mort du président, des enquêteurs exigeants avaient conclu quau moins trois personnes avaient fait feu et quOswald, utilisé comme instrument, navait pas pu être le tueur solitaire. Ce point avait beaucoup attiré mon attention. Et quon mexcuse den parler : le hasard a voulu que je devienne linstructeur de tir au fusil à lunette de tous les expéditionnaires du Granma. Jai passé des mois à mexercer et à enseigner, jour après jour. Or, la cible disparaît à chaque tir, même si elle reste statique, et il vous faut la rechercher en quelques fractions de seconde.

Oswald avait voulu passer par Cuba pour se rendre en URSS où il était déjà allé. Quelquun lavait envoyé chercher un visa à notre ambassade de Mexico. Personne ne le connaissant, celle-ci le lui refusa. On voulait nous compromettre dans la conspiration. Un peu plus tard, Jack Ruby, au dossier mafieux bien chargé, ne pouvant supporter tant de douleur et de tristesse, de son propre aveu, assassinait Oswald rien moins que dans un commissariat bourré de policiers.

Par la suite, jai rencontré plus dune fois, lors dactivités internationales ou en visite à Cuba, les parents endeuillés de Kennedy qui me saluaient respectueusement. Un des fils de lex-président qui était un petit gosse au moment de lassassinat de son père fut même envoyé à Cuba trente-quatre ans après par une revue étasunienne. Nous nous sommes rencontrés et je lai invité à dîner.

Ce jeune homme, dans la fleur de lâge et dune grande éducation, est mort tragiquement dans un accident davion quand il volait avec sa femme vers lîle Marthas Vineyard par une nuit de tempête. Je nai jamais abordé cette question épineuse avec aucun membre de cette famille. Jai dit en revanche que si Nixon avait été président au lieu de Kennedy, nous aurions été attaqués par les forces aéronavales qui escortaient lexpédition mercenaire à un coût en vies énorme pour les deux peuples. Nixon ne se serait pas borné à affirmer que la victoire a de nombreux pères mais que la déroute est orpheline. Kennedy, que lon sache, navait jamais été emballé par laventure de Playa Girón où lavait conduit le renom militaire dEisenhower et lirresponsabilité de son ambitieux vice-président.

Je me rappelle quà lheure exacte de lassassinat, jétais en train de converser à un endroit tranquille hors de la capitale avec un journaliste français, Jean Daniel, qui apportait un message du président Kennedy. Il ma raconté ce que celui-ci lui avait dit pour lessentiel : Tu vas voir Castro. Je voudrais savoir ce quil pense du terrible danger que nous courons dêtre entraînés dans une guerre thermonucléaire. Je veux te revoir dès ton retour. Kennedy est très actif, on dirait une machine à faire de la politique , a-t-il ajouté, mais nous navons pu poursuivre notre conversation parce que quelquun est arrivé en courant pour donner la nouvelle de ce quil sétait passé. Nous nous sommes mis à écouter la radio. Ce que pensait Kennedy navait plus dimportance.

Jai vécu ce danger, bien entendu. Cuba était la partie la plus faible et celle qui recevrait la première frappe, mais nous nétions pas daccord avec les concessions faites aux Etats-Unis. Jen ai parlé à un autre moment.

Lissue de la crise a renforcé lautorité de Kennedy. Il était allé jusquà reconnaître les énormes sacrifices en vies humaines et en richesses matérielles que le peuple soviétique avait dû faire dans la lutte contre le fascisme. Avril 1961 navait pas marqué le pire moment des relations entre les Etats-Unis et Cuba. Celui-ci survint durant la crise dOctobre, parce que Kennedy navait pas digéré le dénouement de Playa Girón. Le blocus, lasphyxie de léconomie, les attaques-pirates et les attentats se multiplièrent. Mais les plans dassassinat et dautres faits sinistres avaient démarré sous ladministration Eisenhower/Nixon.

Nous naurions pas refusé de converser avec Kennedy après la crise des Missiles, sans pour autant renoncer à être révolutionnaires et radicaux dans notre lutte pour le socialisme. Cuba naurait jamais rompu ses relations avec lURSS, comme on lexigeait de nous. Si les dirigeants étasuniens avaient vraiment pris conscience de ce que signifie une guerre à coups darmes dextermination massive, la Guerre froide aurait peut-être pu finir avant et dune autre façon. Du moins pouvions-nous le penser à lépoque, quand on ne parlait pas encore de réchauffement de la planète, de déséquilibres rompus, de dépenses colossales en hydrocarbures et darmes perfectionnées tout droit issues de la technologie, comme je lai dit aux jeunes Cubains. Nous aurions disposé de bien plus de temps pour obtenir à travers la science et la conscience ce que nous sommes contraints de réaliser aujourdhui à la va-vite.

Le président Ford décida de nommer une commission chargée denquêter sur lAgence centrale de renseignements. Nous voulons pas détruire la CIA, mais la préserver , affirma-t-il.

Cest à la suite des enquêtes de la Commission conduite par le sénateur Frank Church que le président promulgua un décret exécutif qui prohibait catégoriquement aux fonctionnaires étasuniens de participer à lassassinat de dirigeants étrangers.

Les documents tout récemment publiés apportent des précisions sur la tentative CIA-mafia de massassiner.

Ils révèlent aussi des détails sur lOpération Chaos, menée à partir de 1969 pendant au moins sept ans, dans le cadre de laquelle la CIA créa un escadron spécial chargé de noyauter des groupes pacifistes et denquêter sur les activités internationales de radicaux et de militants noirs . La CIA collecta les noms de plus de trois cent mille citoyens et organisations des Etats-Unis et ficha sept mille deux cents personnes.

Selon The New York Times, cest parce que le président Johnson était convaincu que le mouvement pacifiste étasunien était noyauté et financé par des gouvernements communistes quil ordonna à la CIA den apporter les preuves.

Les documents reconnaissent par ailleurs que la CIA épia des journalistes, dont Jack Anderson, des artistes comme Jane Fonda et John Lennon, et les mouvements étudiants de lUniversité de Columbia. Quelle perquisitionna des logements et testa sur des Etasuniens la réaction de lêtre humain à des drogues déterminées.

En 1973, dans un mémorandum adressé à Colby, Walter Eder qui avait été ladjoint exécutif de John McCone, le directeur de la CIA au début des années 60, fait part de discussions enregistrées et transcrites dans les bureaux mêmes de ce dernier : Je sais que tous ceux qui ont travaillé dans les bureaux du Directeur étaient préoccupés du fait que ces conservations dans les bureaux et au téléphone étaient transcrites. A lépoque de McCone, il existait des micros dans ses bureaux habituels, dans son bureau intérieur, dans la salle à manger, dans le bureau de lédifice Est et dans son bureau chez lui, rue White Haven. Jignore si quelquun est prêt à en parler, mais linformation tend à fuir, et la Company est sûrement vulnérable dans ce cas.

Les transcriptions secrètes de conversations des directeurs de la CIA pourraient contenir une grande quantité de bijoux , et le National Security Archive les réclament déjà.

Un mémo précise que la CIA a maintenu un programme nommé OFTEN afin de collecter des informations sur les médicaments dangereux de laboratoires étasuniens , jusquà son arrêt à lautomne 1972. Selon un autre mémo, des producteurs de médicaments commerciaux ont transféré à la CIA des produits refusés à cause de leurs graves effets secondaires .

Dans le cadre du programme MKULTRA, la CIA a soumis des gens à leur insu à du LSD et à dautres drogues hallucinogènes. Selon un autre document déclassé, Sydney Gottlieb, psychiatre et chimiste en chef du Programme de contrôle du cerveau, est censément responsable davoir fourni le poison qui devait servir à assassiner Patrice Lumumba.

Des employés de la CIA assignés à la mission MHCHAOS lopération de surveillance des opposants à la guerre du Vietnam et dautres dissidents politiques étaient extrêmement furieux de faire un tel travail.

Ces documents révèlent toutefois une série de points intéressants, en particulier le niveau hiérarchique élevé où se prenaient les décisions contre notre pays.

Le plus désagréable de la technique utilisée maintenant par la CIA pour occulter des détails nest pas les biffures, mais les espaces en blanc, à partir de lordinateur.

Selon The New York Times, les longues sections censurées prouvent que la CIA ne peut encore tirer tous les squelettes de ses placards, si bien que de nombreuses activités menées dans le cadre dopérations à létranger, examinées les années précédentes par des journalistes, des enquêteurs du Congrès et une commission présidentielle, ne sont plus détaillées dans les documents déclassés.

Howard Osborn, alors directeur de la sécurité à la CIA, fait un résumé des bijoux collectés par son bureau. Il énumère huit cas dont le recrutement du gangster Johnny Rosselli pour un attentat contre Fidel Castro mais le document nº 1 de sa liste, qui fait deux pages et demie, est censuré.

Le bijou nº 1 du Bureau de sécurité de la CIA doit être un très beau bijou, surtout quand on sait que le second contient la liste du programme dassassinat de Castro par Rosselli , affirme Thomas Blanton, directeur du National Security Archive qui avait demandé, voilà déjà quinze ans, le déclassement des bijoux de famille au nom de la loi sur la liberté dinformation.

Il est curieux que ladministration qui a le moins déclassé dans lhistoire des Etats-Unis et qui a même engagé une procédure de reclassement de documents déjà libérés décide aujourdhui de faire ces révélations.

Cela peut signifier, à mon avis, une tentative de la part de cette administration de donner une image de transparence au moment où ses niveaux dacceptation et de popularité sont au plus bas et de laisser à entendre que ces méthodes-là sont révolues et ne sutilisent plus. En annonçant cette décision, le général Hayden, directeur actuel de la CIA, a déclaré en effet : Les documents offrent un aperçu dune époque très différente et dune Company très différente.

Inutile de dire que la CIA continue de faire tout ce qui apparaît dans ces documents, sauf que dune manière encore plus brutale et tout autour de la planète, sans parler des actions illégales toujours croissantes aux Etats-Unis mêmes.

Selon The New York Times, des experts en renseignement consultés soutiennent que la révélation de ces documents est une tentative de détourner lattention de la CIA, éclaboussée récemment par des controverses et des scandales, et dune administration au plus bas de son impopularité.

Ce déclassement peut aussi viser à prouver, en guise de préambule au processus électoral, que les administrations démocrates ont fait pareil ou pire que celle de Bush.

On peut lire, pages 11-15 dun mémorandum au directeur de la CIA :

En août 1960, M. Richard M. Bissell est entré en contact avec le colonel Sheffield Edwards, alors directeur du Service de la sécurité, pour savoir si son Bureau disposait dagents capables de prêter main-forte à une mission confidentielle qui exigeait une action type gangster. La cible de la mission était Fidel Castro.

Compte tenu du caractère top secret de la mission, seul un petit groupe de personnes a été mis au courant. Informé du projet, le directeur de la Company a donné son accord. Le colonel J. C. King, chef de la division Hémisphère occidental [Amérique], fut aussi informé, mais aucun fonctionnaire de JMWAVE nen sut rien, à dessein. Bien que quelques personnels du Service des communications (COMMO) et de la Division des services techniques (TSD) aient participé aux étapes de planification initiales, ils ignoraient le but de la mission.

On informa grosso modo Robert A. Maheu du projet et on lui demanda danalyser sil pouvait entrer en contact avec des gangsters comme premier pas vers le but désiré.

M. Maheu informa avoir rencontré un certain Johnny Rosselli à plusieurs reprises lors de ses visites à Las Vegas. Il ne lavait connu que par hasard à travers des clients, mais on lui avait laissé entendre que cétait un membre bien placé du "syndicat" et quil contrôlait toutes les machines à glace du Strip de Las Vegas . Selon Maheu, si Rosselli était vraiment un membre du clan, il devait incontestablement avoir des connexions conduisant aux maisons de jeux à Cuba.

On demanda donc à Maheu de contacter Rosselli, qui le connaissait comme un cadre de relations publiques chargé des comptes nationaux et internationaux, et de lui dire quil venait dêtre engagé par un client représentant plusieurs sociétés daffaires internationales qui souffraient de grosses pertes financières à Cuba à cause de laction de Castro et qui étaient convaincues que la seule solution au problème était lélimination de celui-ci ; quelles étaient prêtes à payer cent cinquante mille dollars pour y parvenir. Maheu devait faire comprendre clairement à Rosselli que ladministration étasunienne ne savait rien de cette opération et quelle ne devait rien en savoir.

Rosselli fut informé de tout ceci le 14 septembre 1960 à Hilton Plaza Hotel de New York. Au départ, il refusa de sen mêler, mais Maheu finit par le convaincre et il accepta de lui présenter un ami, Sam Gold, qui connaissait "la bande des Cubains". Rosselli déclara catégoriquement quil ne voulait pas toucher dargent pour ça, et que Gold ferait pareil. Aucun de ces individus na jamais été payé sur des fonds de la Company.

Durant la semaine du 25 septembre 1960, Maheu fut présenté à Gold à lhôtel Fontainebleau de Miami Beach, ainsi quà un individu nommé "Joe" qui était censément un courrier entre La Havane et Miami. Ce nest que plusieurs semaines après les avoir rencontrés que Maheu vit leurs photos dans le supplément dominical de Parade, identifiés respectivement comme Momo Salvatore Giancana et Santos Trafficante, qui figuraient sur la liste des dix hommes les plus recherchés par le ministère de la Justice. Le premier y était décrit comme un caïd de la Cosa Nostra à Chicago et le successeur dAl Capone, et le second comme le chef des opérations cubaines de la Cosa Nostra. Maheu téléphona aussitôt à ce bureau après avoir appris cette information.

Analysant les différentes méthodes permettant de remplir la mission, Sam avait suggéré quils ne recourraient pas aux armes à feu, mais quil faudrait lui procurer un puissant cachet à mettre dans la nourriture ou la boisson de Castro, et quil avait un candidat en perspective en Juan Orta, un fonctionnaire cubain qui avait touché des pots de vin sur des affaires de jeux, qui avait encore accès à Castro et qui avait des ennuis financiers.

On chargea la TSD (Division des services techniques) de fabriquer six cachets contenant un poison très mortel que Joe fit parvenir à Orta. Après avoir reporté la tentative pendant plusieurs semaines, Orta, semble-t-il, hésita et demanda à être relevé de cette mission. Il suggéra un autre candidat qui fit plusieurs tentatives sans succès.

Jai cité textuellement entre guillemets le document. Que les lecteurs remarquent bien le genre de méthode que les Etats-Unis utilisaient déjà pour gouverner le monde !

Je me rappelle quun certain Orta, qui provenait des forces politiques opposées à Batista, a effectivement travaillé à mes côtés à lInstitut national de la réforme agraire dans les premières années de la Révolution. Il était respectueux et sérieux. Il ne peut sagir que de lui. Les décennies ont passé, et voilà que je retrouve ce nom dans un rapport de la CIA. Je ne suis pas en mesure de vérifier maintenant ce quil est devenu. Je demande pardon si je blesse sans le vouloir un parent ou un descendant, que la personne en question soit coupable ou non.

LEmpire a créé une véritable machine à tuer, qui ne se borne pas à la CIA et à ses méthodes. Bush a mis en place de puissantes et coûteuses superstructures de renseignement et de sécurité, et a converti toutes ses forces aériennes, maritimes et terrestres en des instruments de pouvoir mondial qui portent la guerre, linjustice, la faim et la mort partout sur la planète pour éduquer ses habitants dans lart de la démocratie et de la liberté. Le peuple étasunien en est de plus en plus conscient.

Il nest pas possible de tromper tout le monde tout le temps , affirmait Lincoln.

Fidel Castro Ruz

30 juin 2007

18 h 45

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